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![]() Octobre 1923, Alexandra David-Néel se met en route au coeur de l'hiver himalayen. Elle a 56 ans. Elle en est à sa cinquième tentative d'entrée à Lhassa. Commence l'expédition la plus épique de toute l'histoire de l'exploration. Elle marche, 2000 kilomètres, 8 mois durant. Sous l'apparence d'une mendiante tibétaine et accompagnée de son fils adoptif, le moine Aphur Yongden. Elle déjouera tous les soupçons. Yunnan, Amdo, Kham, les massifs de l'Himalaya oriental capitulent sous ses pas…Elle n'a qu'un but : atteindre Lhassa, la cité interdite du Royaume des Neiges.
Terre des mythes, berceaux des origines, espaces de conquêtes, régions de tous les commerces, terrains d'aventures dont l'exploration ne s'est achevée qu'après celle du pôle, l'Himalaya, située au carrefour des mondes mongols, chinois et indiens reste une région de mystère et de spiritualité. Outre que son accès est physiquement difficile : l'Himalaya est défendu de tous côtés par les barrières montagneuses, l'Himalaya a été soumis, pendant des décennies - et encore aujourd'hui pour sa partie chinoise - à des influences et des intérêts qui en ont fermé les portes.
Après le soulèvement du peuple tibétain à Lhassa, le 10 mars 1959, sa Sainteté le Dalaï-Lama, chef spirituel et temporel du Tibet, fut contraint de se réfugier en Inde, suivi de 80 000 de ses compatriotes. Le "rouleau compresseur chinois" fut responsable de la mort de 1,2 million de Tibétains et de la destruction d'environ 6000 temples et monastères, symboles de la culture bouddhiste sur le " Toit du monde ".
Cette longue vie, Alexandra David-Néel (1868-1969) l'a tout entière consacrée à l'exploration et à l'étude, ses deux grandes passions qui, dans sa petite enfance, ont fait d'elle une enfant terrible, dans son adolescence une contestataire, dans sa jeunesse une anarchiste, et dans sa vieillesse un des "penseurs libres" les plus anti-conformistes du XXe siècle. Cantatrice, écrivain, aventurière, cette femme peu ordinaire sillonna pendant plus de trente cinq ans l'Europe, l'Afrique du Nord et surtout l'Asie. Elle fut la première Européenne à rentrer à Lhassa, en 1924, au terme d'un voyage prodigieux le long des pistes du Yunnan et du Tibet qu'elle parcourut déguisée en mendiante, accompagnée de son fils adoptif le moine Aphur Yongden. Attirée par les philosophies orientales, elle explora les secrets de l'ésotérisme tibétain, se convertit au bouddhisme et réalisa sa vocation : devenir exploratrice du monde et des êtres.
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